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| Fiche Technique |
| El Telón de azucar
un film français, chilien
2006 - durée: 1h20
Réalisation : Camila Guzmán Urzúa
son : Jean Jacques Quinet
Image : Camila Guzmán Urzúa
Montage : Claudio Martinez
Production : Paraiso Production
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Jeudi 1er novembre - 20h30
Cinéma Le Douron, Plestin-les-Grèves |
Le rideau de sucre, |
film documentaire de Camila Guzman Urzua |
Échange avec un intervenant de la FEMIS (école de cinéma) après la projection. |
Le rideau de sucre se présente comme un documentaire qui revient sur le régime Cubain au travers des yeux de ceux qui enfants ont vécu la révolution Castriste. On pénètre dans l'intimité collective d'une ancienne bande de copains ayant traîné leurs uniformes sur les mêmes bancs d'école des années durant. Quelques 20 ans plus tard, l'une d'entre eux, Camila Guzmàn Urzùa, qui ne vit plus à Cuba, prend sa caméra et décide de retourner à la rencontre de ceux qui restent encore sur l'île. Elle convoque avec une nostalgie collégiale les souvenirs qui ont bercé leur enfance. Avec une tendre réminiscence elle exhume du passé par la parole mais aussi en revenant sur les lieux d'antan les tristement joyeux moments passés ensemble. Ils replongent tous avec nostalgie dans leurs souvenirs, qui, à mesure des évocations se teintent tout de même de l'ombre extrémiste du régime en vigueur de l'époque. Les rires se voilent par moments, laissant poindre une amertume face aux excès du gouvernement.
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Filmer l'école à Cuba peut se concevoir comme une entreprise de dénonciation des mensonges de la propagande communiste et de l'embrigadement de la jeunesse. La démarche de Camila Guzmán Urzúa est plus intime, plus déchirée aussi. Deux images l'évoquent : un jeune homme fouille dans une boîte à biscuits pour en extraire des photos de ses parents, jeunes militants de la révolution, et une photo de classe de la réalisatrice. Celle-ci fait ensuite la liste de ceux qui se sont exilés, liste si longue qu'on comprend qu'il n'en est resté qu'un, le jeune homme à la boîte de biscuits. Le film est l'histoire du chemin qui sépare ces photos, où la petite voix de l'autobiographie questionne les représentations officielles de l'histoire, pro- ou anticastristes.
Le mensonge des dirigeants ne peut cacher le rêve de la population, celui d'une société solidaire. Ce rêve brisé est filmé comme une photo qui se désagrège avant de se déchirer, une photo d'enfants qui ont grandi à l'intérieur du rêve et l'ont vu se dissiper avec leur propre jeunesse. La société cubaine ne se divise pas entre pro- et anti-castristes, entre « restés » et « partis », mais à l'intérieur des familles déchirées par l'exil. Récit douloureux d'une génération d'orphelins, d'orphelins d'un rêve. (Yann Lardeau)
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